C'est pas comme si j'avais un coeur

Publié le par ptite Bestiole

Au   bout d’un moment, ça ne  fait plus mal, je peux prévoir leurs mensonges et leurs coups de vice à l’avance.

L’habitude.

On ne se doit rien après tout, on efface tout. Y’a rien qui bouge sous la peau.

Il n’y a rien  a deviner de leurs silences là ou parfois il y a besoin de mots.

Les laisser décider, ce qu’ils te donnent et ce qu’ils te prennent.

Et tout cacher, ne surtout pas parler, ne rien montrer, ne pas crier, ne rien exiger, pour garder l’équilibre.

Une croix en plus sur un calendrier déjà usé.

Ne pas se souvenir, se forcer à sourire, être polie quand tu les croises, souriante, même pas affectée que les choses aient changé.

Des odeurs et des parfums que je ne supporte plus.

Des morceaux que je n’écoute pas, des fois que des émotions reviendraient.

Donner le choix.

Etre la maitresse, la bonne copine, le plan cul, l’expérience du mois, ou la femme qu’ils veulent que je sois.

Oublier leurs gestes, les mots qu’on ne dit que la nuit quand rien ne se voit, les baisers au creux du cou, leurs mains sur ma peau, et leurs promesses de lendemains qui ne riment à rien.

Effacer leurs visages, oublier leurs adresses, ne plus retourner à certains endroits.

Paris est soudain si petit.

Croire à un nouveau départ, alors qu’ils sont justes des bouts de ciel dans ma prison.

Et regretter le 1er. Celui qui aurait du être là aujourd’hui et les soixante prochaines années.

Celui qui est déjà parti et dont je ne peux embrasser que le marbre froid.

Enchaîner sur d’autres sans trop savoir pourquoi.

Ca  va aller

Ca va aller, de toutes façons, ça se passe toujours comme ça.

Ça ira.

Publié dans LE PETIT CARNET NOIR

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