Intérieur Nuit. Dans le bar.
Elle en entend des belles en l’écoutant depuis tout à l’heure.
Il a trop bu. Il lui dit qu’elle a des réactions masculines, qu’elle a tout l’air d’être une pétasse...Qu’il regarde ses seins puisque de toute façon, c’est tout ce qui l’intéresse pour le moment.
Provocation gratuite de l’alcoolique.
Monsieur fait de l’esprit et parle en Alexandrin ? Elle veut en découdre et lui montrer qu’elle aussi sait s’exprimer, autrement qu’en verlan et sans être vulgaire pour un oui pour un nom.
Avec son élocution rendue difficile par l’alcool, il lui dit qu’il l’embrasserait bien là, tout de suite.
Elle ne répond pas vraiment. Une larme coule de son œil gauche, et de son doigt, elle voudrait la stopper.
Elle habite tout près et préfère lui proposer un thé...
Elle prépare tranquillement le thé, le laisse se mettre à l’aise, gagne du temps.
Elle ne sait pas trop pourquoi elle l’a invité chez elle.
Avec ce qu’il a bu la conversation risque d’être compliqué et elle n’a pas envie d’une étreinte bâclée, vite fait, mal fait.
Il se penche, et ne lui laisse pas le temps d’y réfléchir. Il cherche ses lèvres, doucement.
Il l’embrasse comme un condamné à mort qui donnerait son dernier baisé.
Elle est étonné de sa douceur, à milles lieux de ce côté bourré/bourru qu’elle a perçu depuis tout à l’heure.
Intérieur Nuit. Un lit défait.
Ils font l’amour depuis des heures. Elle ne sait plus trop, elle perd la notion du temps.
Surtout quand il la tient dans ses bras comme çà.
Il la tient serrée, comme s’il avait peur qu’elle s’esquive.
Ils dorment un peu.
Il la réveille encore, lui fait l’amour, lui dit des mots qu’elles n’a pas envie d’entendre.
O n ne sait jamais, s’il lui venait l’envie saugrenue d’y croire.
Il lui demande ce qu’elle fait demain soir. Elle lui propose dimanche.
Ils discutent enfin normalement.
Et soudain, cette question qu’il pose, attendant posément la réponse :
« " -T'es bien là? ...
- Ouai
- et ca fait combien de temps que tu t'étais pas sentie bien comme ça?
- deux ans.... »
Elle retient ses larmes. Elle n’a pas envie qu’il voit le gouffre qui s’est ouvert en elle.
Elle peine a parler. Le souvenir de l’autre lui bloque la gorge, la fait suffoquer.
Ils s’endorment enfin.
Elle s’endort dans ses bras. Il glisse sa main dans la sienne. Il l’entrave de sa jambe.
Intérieur jour.
Ils s’habillent à la va vite,
Il lui dit en riant « faut que j’y aille, je te plaque ici… j’en suis désolé »
Il se penche et l’embrasse. Trop vite. Pas vu, pas pris.
Il lui dit « on s’appel ok ? »
Elle claque la porte derrière lui.
Qu’est ce qu’elle croyait ??
Qu’il rappellerait ? Que tout ça était sincère ?
Il ne faut jamais faire confiance à un garçon aux yeux qui pleurent…
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