Je pensais que ça allait passer vite, un peu comme un fuck’in pansement qu’on arrache d’un coup.
Qu’il n’était pas le 1er, et qu’il ne serait certainement pas le dernier de toute façon.
Même si sans me l’expliquer, tout était différent avec lui, à commencer par moi par exemple.
Avant lui, j’avais confiance en moi et mon corps n’a jamais été un fardeau, ni pour être heureuse, ni pour opérer des rapprochements physiques intimes avec d’autres garçons.
Mon gras et moi on s’entendait bien, on s’aimait pas toujours, mais la cohabitation ne se passait pas si mal.
Dans cette pièce pleine, il a fait comme si je n’existais pas.
En à peine 10 secondes, il a réussi à exploser ce que j’avais bien mis 10 ans à caler : ma solidité.
J’ai eu la foutue impression qu’on me déchiquetait ce qui me sert de cœur avec une lame bien aiguisée et le sentiment d’avoir à nouveau 5 ans , d’avoir envie de courir me cacher.
Avant lui, ça ne me posait pas de problèmes de me faire utiliser, et de me faire jeter juste après.
Je n’avais pas l’impression de ne pas en vouloir la peine, de n’être rien d’autre qu’un vulgaire chewing-gum collé a une vieille pompe pourrie.
Je me respectais et je respectais les autres, je virais rarement des gens de ma vie, et encore moins de mon lit.
Je peux comprendre que se taper le boudin de service c’est pas forcément évident à assumer pour un jeune mâle dominant qui cherche à tester son potentiel de séduction dès qu’il met une Nike en dehors de chez lui.
Que peut-être pour lui, c’était un fantasme de se taper de la grosse, parce qu’après avoir fait, la blonde, la petite, la mince, la rousse, les 4 en même temps, parfois on s’ennuie.
Je peux comprendre des tas de choses et je peux être hyper ouverte comme fille si on m’explique les choses.
Vraiment.
Son silence me donne envie de hurler, de foncer sur lui pour le faire tomber avec toute la rage que je contiens depuis quelques mois.
J’aurais préféré qu’il me hurle dessus, qu’il me demande de dégager, qu’il se moque de moi ouvertement, qu’il me lance un regard noir… tout mais pas ce qu’il a fait.
Depuis, y’a cette angoisse de pas être à la hauteur, y’a toute cette douleur et cette rage qui me font peur et qui parfois m’étouffent quand je ne m’y attends pas.
Depuis, je tombe et j’aimerais bien me relever…